Une femme près du marché des producteurs
Un après-midi de fin février, alors que l'air était chargé de cette fraîcheur métallique et mordante qui persiste avant que le printemps ne s'installe, je suis allée en ville chercher des plateaux de semis au marché. Près de l'entrée, assise sur une caisse renversée contre le mur de briques, se trouvait une femme dont le manteau flottait négligemment sur ses épaules et dont les mains étaient tendues non pas par agressivité, mais dans une douce requête.
Ce qui attira mon attention, ce n'était ni le tissu usé de ses vêtements, ni la façon dont le vent tiraillait ses cheveux, mais ses yeux, d'un gris d'une clarté inhabituelle, fixes et scrutateurs, comme si elle observait le monde de loin plutôt que de lui poser une question. Je passai devant elle sans m'arrêter, car l'habitude nous apprend à nous mêler de nos affaires, mais quelque chose dans son expression me suivit jusque dans le marché et refusa de me quitter.
Quand je suis revenu avec un sac en papier rempli de pain de maïs et une bouteille d'eau, je me suis arrêté devant elle et je les lui ai tendus.
« Il fait froid aujourd'hui », dis-je, essayant d'avoir l'air naturel plutôt que gêné. « Tu devrais avoir quelque chose de chaud dans l'estomac. »
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