Megan n'a pas assisté au prononcé de la sentence. Elle était dans une papeterie avec Emily, en pleine discussion sur les bâtons de colle. Emily avait pris l'habitude de lire les étiquettes à voix haute – une tentative, selon le Dr Pierce, de rassurer un monde qui l'avait trop souvent surprise. « Lavable… non toxique… transparent au séchage », récitait Emily, et Megan souriait, car c'était le genre de mots qu'un enfant devrait prononcer.
À la maison, elles ont créé un tableau sur le frigo : Routine du matin, Après l’école, L’heure du coucher. Emily y a collé des autocollants pour chaque tâche accomplie : les chaussures près de la porte, les devoirs dans le classeur, les dents brossées. Quand Emily a demandé : « Est-ce que Mamie reviendra un jour ? », Megan a marqué une pause, le temps d’être honnête. « Peut-être un jour, a-t-elle dit. Mais pas avant que les personnes chargées de la sécurité des enfants ne donnent leur accord. Et pas avant que tu le veuilles aussi. Tu as le droit de voter. »
L'automne s'installa. Les arbres bordant l'allée de la maison de retraite se parèrent de jaune. Megan reprit ses heures supplémentaires, mais sans doubler. Une voisine, Alyssa Chen, gardait Emily deux après-midi par semaine et lui apprit à plier les raviolis en forme de petits croissants de lune. Le dimanche, elles se promenaient au bord de la rivière et comptaient les chiens. Megan comprit que la guérison n'était pas un processus linéaire ; c'était une succession de bons et de mauvais jours, jusqu'à ce que l'équilibre s'inverse.
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