Le provisoire qui s’installe
Les jours suivants ont été flous. Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Les démarches ont commencé. Les questions aussi. Moi, je continuais à la voir. Puis à la ramener chez moi, « pour quelques jours ». J’avais un petit appartement, mal rangé, pas du tout pensé pour un enfant. J’ai improvisé un coin nuit avec des coussins et une couverture.
La première nuit chez moi, elle n’a pas dormi. Elle se réveillait en sursaut, appelait sans vraiment parler. Je me suis assis près d’elle, toute la nuit, la main posée sur son dos. À l’aube, elle s’est enfin rendormie. Moi, pas vraiment.
Très vite, tout s’est enchaîné. Les rendez-vous, les papiers, les décisions à prendre. Je n’avais jamais voulu être père. Pas comme ça. Pas si vite. Et pourtant, chaque matin, quand elle ouvrait les yeux et me cherchait du regard, je savais que je ne pourrais plus revenir en arrière.
J’ai appris à devenir quelqu’un d’autre. À penser pour deux. À renoncer sans y réfléchir. J’ai appris à reconnaître ses silences, ses peurs, ses colères muettes. J’ai appris que l’amour pouvait naître sans projet, sans plan, simplement parce qu’il n’y avait pas d’autre choix possible.
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