Les aéroports ont un rythme étrange et incessant – jamais immobile, jamais silencieux – qui ne change de rythme que lorsque les heures s'enchaînent. Les panneaux d'affichage des départs clignotent sans cesse, les arrivées et les retards se confondent jusqu'à ce que le temps lui-même semble suspendu. Près de la porte C17, un petit café était en perpétuel mouvement : les roulettes des bagages cabine chuintaient sur le sol ciré, la vapeur s'échappait des machines à expresso et des annonces préenregistrées flottaient dans l'air avec un calme qui ne reflétait jamais vraiment l'urgence qui régnait en contrebas. Chacun se déplaçait avec assurance, mais personne ne regardait vraiment personne, comme si l'anonymat était une obligation.
Lucas Reed était assis à une table modeste adossée au mur.
Il avait choisi cet emplacement délibérément. De là, il pouvait observer l'entrée du café, le couloir de sécurité et le coin où les voyageurs anxieux avaient tendance à s'arrêter lorsque leurs plans tournaient mal, sans pour autant donner l'impression de regarder quoi que ce soit. Lucas avait une cinquantaine d'années, les épaules larges mais le corps svelte, sa posture portait l'empreinte indéniable d'une discipline militaire. Ni rigide, ni affectée. Juste précise. Le genre de posture acquise au fil des années, quand la vigilance était synonyme de survie et que la détente signifiait la maîtrise, non la négligence.
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