Et quelque part dans le chaos de la porte C17, quelque chose allait rompre le rythme.
Lucas sirotait lentement son café, non pas par goût particulier, mais parce que la routine l'apaisait, et l'attente de sa correspondance était plus supportable les mains occupées. Il n'avait aucune destination urgente, aucune mission autre que de rejoindre un terminal, et pour la première fois depuis longtemps, sa vie n'était pas dictée par des objectifs gravés dans le marbre ou le sang. Cette illusion de calme dura précisément jusqu'à ce que Shadow relève la tête.
C'était subtil, à peine perceptible pour quiconque ne connaissait pas bien la chienne : un léger changement de posture, des muscles qui se contractaient sous le pelage, des oreilles qui se tournaient non pas vers un son mais vers un mouvement, et Lucas suivit instinctivement la ligne de cette attention, scrutant le café jusqu'à ce qu'il la voie.
La fillette était jeune, peut-être dix ou onze ans, bien qu'il fût difficile d'en être certain, car les enfants qui grandissent sous pression paraissent souvent plus âgés qu'ils ne le sont, leur visage empreint de vigilance plutôt que de curiosité. Elle se déplaçait lentement entre les tables, d'un pas mal assuré, s'appuyant davantage sur une jambe, une attelle orthopédique usée et manifestement trop petite, dont les sangles lui entaillaient la peau, visiblement irritée et à vif. L'attelle, jadis blanche, avait désormais cette teinte grisâtre d'un objet hors d'usage, et chacun de ses pas semblait calculé.
Lire la suite sur la page suivante >>
Pour des instructions plus détaillées, veuillez cliquer sur le bouton ci-dessous (>) et suivez-nous sur Facebook.
