« J’ai apporté quelques affaires », dit-il. « Puis-je entrer une minute ? »
Elle n'a pas répondu.
Elle s'est écartée.
À l'intérieur, l'air était encore imprégné d'une odeur de médicaments et d'une endurance tranquille. Julián déposa les sacs sur la table, sentant — pour la première fois depuis des années — que quelque chose avait changé dans sa vie.
Pas un accord.
Pas un contrat.
Une responsabilité qu'il ne pouvait plus ignorer.
—Tu as déjà mangé ?
—Des tortillas avec du sel.
La phrase lui restait en tête comme un clou. Julián prit une profonde inspiration, choisissant soigneusement chaque question pour ne pas avoir l'air d'un adulte qui essaie de lui donner des ordres.
« Votre mère est à l'hôpital ?
» « Oui… depuis trois jours.
» « Que désirez-vous ?
» « Rien. Je vais bien. »
Le mensonge le plus courageux, c'est de dire « Je vais bien », quand on est à bout de forces. Valeria finit par en dire un peu plus. Elle expliqua qu'elle cousait pour livrer des taies d'oreiller ; une voisine du troisième étage, Mme Leti, lui avait appris à coudre quand Teresa était tombée malade. Et quand Julián demanda : « Qu'est-ce qui ne va pas avec votre mère ? », Valeria resta immobile, se mordit la lèvre et fixa la porte, comme si elle craignait que le simple fait de poser la question ne déclenche une nouvelle tragédie.
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