La première année, survivre était mon seul objectif. Loyer. Nourriture. Essence. Frais de scolarité. J'achetais des jeans dans des friperies et des chaussures de sécurité dans des rayons de soldes. J'acceptais tous les horaires. J'ai monté des maisons en hiver, réparé des toits au printemps, transporté des plaques de plâtre sous la chaleur de juillet et j'ai appris à distinguer les chefs de chantier compétents des simples fanfarons. À vingt-deux ans, je dirigeais de petites équipes. À vingt-quatre ans, j'avais ma licence d'entrepreneur et une camionnette d'occasion avec le nom de mon entreprise aimanté sur le côté : Hayes Restoration & Build. J'ai gardé le nom de famille parce que je voulais le réinventer, pas le renier.
On me faisait confiance parce que j'étais ponctuel, que je terminais le travail proprement et que je ne prenais jamais personne de haut. Un couple de retraités m'a recommandé à un agent immobilier. Cet agent m'a présenté à un investisseur. Il m'apportait des propriétés en ruine dont personne ne voulait. Dégâts des eaux, non-conformités aux normes, installations électriques défectueuses, vérandas qui s'effondraient. Je prenais ces chantiers difficiles et les rendais rentables.
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